Des travaux lourds générateurs de risques et d’opportunités

Les travaux de l’Opération Campus créent de nouvelles nuisances environnementales :

  • des bruits, poussières et déchets pendant les travaux
  • une pollution émise par les matériaux neufs
  • la mauvaise qualité de l’air dans des bâtiments neufs ou rénovés devenus très étanches à l’air

Mais ils sont aussi l’occasion de donner aux bâtiments des années 60 les performances des bâtiments d’aujourd’hui.

La démarche HQE® consiste à examiner à travers 14 « cibles » tous les impacts environnementaux des projets de bâtiment pour chercher à les minimiser :

  • insertion dans l’environnement, choix des produits et nuisances de chantier
  • gestion de l’énergie, de l’eau, des déchets et de l’entretien
  • confort thermique, acoustique, visuel et olfactif
  • qualité sanitaire des espaces, de l’air et de l’eau

Des objectifs ambitieux mais réalistes

Un objectif est fixé pour chaque cible selon les opportunités et contraintes du projet. Un niveau « très performant » sera généralement exigé pour l’énergie, le confort thermique, les nuisances de chantiers et la maintenance ; un niveau « performant » pour l’eau, la qualité de l’air, l’éclairage et l’insertion dans le site.

Les solutions techniques seront adaptées à la configuration du bâtiment existant, à son usage et au projet de réhabilitation. Ainsi par exemple :

  • des travaux lourds sur un rez-de-chaussée sont l’occasion d’améliorer ses accès depuis l’extérieur (position, perception …)
  • une rénovation de locaux accueillant une activité bruyante, malodorante ou polluante exige un travail sur l’acoustique, la ventilation ou la gestion des déchets
  • la qualité de l’air des salles de cours et des amphithéâtres peut être améliorée si la ventilation peut être rénovée ou créée
  • la rénovation des sols, mur et plafonds impose un travail sur les émissions de polluants

L’Université de Bordeaux souhaite que tous ses projets obtiennent le label HQE® afin de valoriser l’effort réalisé et d’assurer un suivi des engagements tout au long du projet, de l’intention initiale jusqu’à l’utilisation finale.

Réduire fortement les besoins de chauffage des bâtiments

La plupart des bâtiments de l’université datent des années 60 et sont très énergivores et inconfortable sur le plan thermique, aussi bien en hiver où ils sont parfois difficiles à chauffer qu’en été où ils sont trop exposés aux effets de la chaleur.

Le chauffage est la principale source d’émission de gaz à effet de serre de l’université (autant que les transports) et représente une charge de plusieurs millions d’euros par an.

L’Opération Campus est une formidable occasion pour progresser sur ce sujet de façon très nette, d’autant que les points d’amélioration sont nombreux : aujourd’hui, il y a peu ou pas d’isolation, peu de protections solaires, plutôt de grandes fenêtres en simple vitrage, une très grande perméabilité à l’air. Autant de pistes d’actions importantes qui permettront de donner à ces bâtiments des années 60 les performances des bâtiments d’aujourd’hui.

S’agissant d’objectifs ambitieux sur des contructions existantes, il n’est pas possible d’appliquer des solutions standards. Les bureaux d’études réalisent alors des simulations très détaillées pour concevoir avec les entreprises l’ensemble des solutions techniques, parfois innovantes, pour concilier performances énergétiques, confort thermique, éclairage naturel, qualité de l’air et qualité architecturale.

Lorsqu’une isolation des bâtiments par l’extérieur sera possible comme c’est le cas sur les bâtiments « roses » du secteur Sciences et Technologies qui sont en cours d’études détaillées, il sera possible de se passer de climatisation l’été et de diviser les consommations de chauffage par 4. Un niveau de performance similaire sera recherché sur l’ensemble des sites.

Créer un réseau de chaleur vert

En même temps que la réduction des besoins de chauffage des bâtiments, l’Université de Bordeaux souhaite engager une étude sur la production de chaleur sur l’ensemble du campus. Il s’agit d’étudier une utilisation des nombreuses chaufferies pour permettre des économies d’échelle et avoir massivement recours aux énergies renouvelables (bois, géothermie, etc.) pour constituer une réseau vert de production d’énergie.

Avec l’énergie, l’eau est sans doute le principal enjeu environnemental de la planète.

Cette réalité globale est aussi une réalité pour la Gironde (océan, bassin, landes, estuaire, fleuves) et pour le campus où cette thématique apparait de façon lourde et récurrente. En effet, l’université puise elle-même l’eau potable, la traite et la distribue sur le campus. Elle gère également son réseau d’eau pluviale et plusieurs zones du campus sont inondées lors d’orages violents.

Par ailleurs, l’imperméabilisation des sols est très forte sur le campus à cause des routes et des immenses parkings, mais aussi parce que le site a été construit avant l’apparition des réglementations en termes d’imperméablisation. Celle-ci a des conséquences importantes, car elle augmente les risques d’inondation, limite la reconstitution naturelle des nappes phréatiques et engendre des coûts d’infrastructures substantiels.

Un vaste chantier d’ores et déjà engagé

Les travaux de l’Opération Campus sur les bâtiments et sur les espaces extérieurs sont l’occasion de réduire l’impact du campus sur la ressource en eau. A ce stade, les réponses apportées sont les suivantes :

  • les études urbaines en cours comporteront un bilan hydraulique complet.  Les aménagements qui seront proposés viseront à la fois à réduire l’imperméabilisation (surface des parkings et des voiries, revêtements drainants,…) et à infiltrer une partie des eaux de pluie (bassins, noues paysagères,…)
  • lors des rénovations des bâtiments en démarche HQE®, des solutions de stockage des eaux de pluie en toiture seront recherchées pour limiter l’effet des orages et la réutilisation des eaux de pluie dans les sanitaires sera envisagée pour réduire la consommation d’eau potable
  • un diagnostic complet du réseau d’eau pluvial va être engagé avec l’aide de la Cub. Il permettra de programmer les travaux nécessaires d’une part pour régler les problèmes d’inondation et d’autre part pour permettre le développement souhaité du campus
  • la piscine consomme plus de 100.000m3 d’eau par an. L’opération engagée sur la piscine va permettre de diviser cette consommation par 3 grâce à une récupération des calories par des échangeurs thermiques

En cohérence avec le concept de développement durable, l’Université de Bordeaux estime qu’un grand projet qui intègre les enjeux environnementaux et économiques sans prendre en compte sa dimension sociale n’est pas durable.

Bâtir l’université avec ceux qui la vivent

Pour cette raison, l’université associe de façon inédite les collectivités et l’ensemble de la communauté universitaire grâce aux outils et instances d’échanges créés pour l’opération : la convention de site avec les collectivités, la convention d’ingénierie avec les universités, l’atelier campus avec l’école d’architecture, l’enquête vie de campus. Certains travaux sont réalisés en co-maîtrise d’ouvrage avec les établissements d’enseignement, et les études urbaines sont réalisées en concertation avec les usagers.

Faire du campus un quartier agréable et ouvert sur la ville

L’université doit rompre avec la mono fonctionnalité du campus qui en fait un espace urbain relativement pauvre et coupé de la ville. Le projet urbain a donc pour objectif de l’ouvrir à des populations et des activités diversifiées. Cela passe par la création de logements, de commerces, d’emplois, de services et d’équipements publics ouverts à tous et attractifs.

Les premiers travaux ont été choisis dans ce sens : cour Leyteire à la Victoire, plaine des sports Monadey à Talence-Pessac-Gradignan, acquisition de terrains à Carreire pour permettre l’ouverture de ce site surchargé.

N’oublier personne

Le développement de l’université ne serait pas supportable s’il oubliait les personnes les plus fragiles. Pour cette raison, le projet comprend :

  • la réalisation de clauses sociales systématiques dans les marchés de travaux pour faire travailler des personnes en difficultés
  • la mise en accessibilité des bâtiments et des espaces publics aux personnes en situation de handicap
  • la reconstruction et le développement de l’espace santé du SIUMPS

Un élément fort de l’attractivité de l’université

L’accessibilité du campus est une question primordiale pour l’université :

  • les transports sont la première source de gaz à effet de serre
  • le temps passé dans les transports (plus d’1 h/jour en moyenne) affecte notre qualité de vie
  • les parkings impactent fortement l’image de l’université et la consommation d’espaces publics

Avec le tramway qui dessert tous ses sites, l’Université de Bordeaux dispose d’un atout exceptionnel. Pour autant, il existe des marges de progression importantes, notamment :

  • sur la qualité des aménagements dédiés aux piétons et aux vélos
  • sur la place de la voiture sur le campus
  • sur le développement du vélo sur le site de TPG
  • sur l’accès au tramway et les services aux vélos sur le site de Carreire
  • sur le développement du covoiturage

Des études complètes pour définir les actions

Dans ce contexte, un Plan de Déplacement est engagé sur le site de Carreire.

Il comprend un diagnostic détaillé des pratiques à partir duquel s’élabore un plan d’actions favorisant le recours aux modes de déplacement doux. Ces actions relèveront de la communication, de l’aménagement du campus, des services offerts sur le site et du stationnement.

Un plan similaire sera réalisé sur le site de Talence-Pessac-Gradignan, mais c’est une démarche plus conséquente en raison du nombre d’établissements et de personnes concernées.

Dans un premier temps, une étude de stationnement a été réalisée sur le site de TPG, qui consistait à suivre durant une journée type l’occupation réelle des 11.000 places du campus.

Elle démontre que l’occupation des parkings est variable mais qu’ils sont globalement très surdimensionnés : au plus fort de la journée, il reste plus de 4.000 places libres.

La sensation perçue est souvent différente car les utilisateurs recherchent des places au plus près des bâtiments, en raison notamment de l’absence de cheminements piétons de qualité. Pourtant l’étude démontre qu’il n’y a plus de problème si on accepte de marcher plus de 200m.

Un meilleur aménagement des espaces extérieurs et des cheminements piéton améliorera la perception des distances pour une utilisation plus rationnelle des parkings.