Lundi 12 novembre 2012. La rénovation des bâtiments de l’Université Bordeaux 1 « Sciences et Technologie »  est lancée dans la cadre de l’Opération Campus de Bordeaux, financée par l’Etat, le Conseil Régional d’Aquitaine et la Caisse des dépôts et Consignation.

Les 16 bâtiments « vieux roses » emblématiques du site sont concernés, soit 90.000 m² de bâtiments. Une attention toute particulière a été portée sur les critères de développement durable et sur la part d’exécution des travaux confiée à des PME locales.

Le projet architectural : un défi

Les travaux consistent à rénover les bâtiments (façades, isolation, confort, mise en sécurité, accessibilité) et à restructurer 20% des locaux intérieurs pour permettre une réorganisation des activités d’enseignement et de recherche. Ils sont confiés au groupement d’entreprises mené par DV Construction, associé au cabinet d’architecte AUA Paul Chemetov.

Le patrimoine de l’université possède une générosité architecturale et morphologique rare. Il s’agit donc de magnifier et de révéler ce patrimoine exceptionnel aux yeux des occupants et des visiteurs, souvent inconscients de leurs qualités, car elles sont devenues illisibles en raison de l’état de dégradation technique des bâtiments.

Le grand défi architectural posé par le projet est donc de donner à ces bâtiments construits dans les années 60 les performances techniques des bâtiments d’aujourd’hui, à leur conférer une image contemporaine tout en respectant leur valeur patrimoniale.

Au-delà de ce défi architectural, il convient de s’approprier les espaces d’entre-deux : entre deux bâtiments, entre un arrêt de tramway et une salle de cours, entre un espace extérieur et un local intérieur,… Les espaces extérieurs doivent donc être pensés en adéquation avec la qualité de vie globale apportée par le projet.

Le projet technique : une requalification des bâtiments

Le groupement d’entreprise s’appuie sur 2 grands principes pour répondre aux 3 objectifs du programme : la requalification énergétique, la requalification urbaine et la requalification symbolique.

les 8 grands bâtiments dits « lames » (A1, A4, A12, A21, A22, B2, B8, B18): A la problématique énergétique, le projet retenu répond d’abord par l’innovation technique maîtrisée que représente l’adjonction d’avant-façades vitrées sur les longs pans des huit bâtiments les plus remarquables. Les avant-façades constituent à la fois des accumulateurs de chaleur (l’hiver) et des dissipateurs de chaleur (l’été) qui modifient le comportement et l’ambiance thermique actuelle des bâtiments. C’est l’idée-force du projet que de se servir de ce simple verre sans autre adjonction pour isoler le bâtiment par l’extérieur. Cette lame vitrée, comme un sous-verre, met en valeur et protège les bâtiments du froid et du chaud. Elle permet également de ne pas                                                                 masquer le comportement physique du bâtiment.

 

Les 8 bâtiments bas (A2, A9, A10, B4, B5, B6, B7, B16) : le projet crée de nouveaux lieux d’identité avec 3 nouveaux lieux de vie rendre lisible la discipline propre à chaque pole de l’université: « physique-chimie » entre les bâtiments A9 et A10 reconstruits, « biologie » entre les bâtiments B16 et B18 reconstruits (qui accueillera l’OASU de Floirac), « géologie » entre les bâtiments B5 et B6 rénovés et démolis.Cette nouvelle disposition des bâtiments invite à l’intimité pour devenir des lieux habités et non plus seulement de passage.

         Les enjeux du développement durable

  • une division par 5 des consommations de chauffage
  • la maitrise des ambiances thermiques en hiver comme en été
  • une mise en accessibilité totale
  • la valorisation de 50% des déchets de chantiers (75% pour les démolitions)
  • une réduction de 30% des consommations d’eau


  • des certifications HQE et BBC de tous les bâtiments et BEPOS (Bâtiment à Energie Positive) pour le B18 reconstruit
  • 50% des études et des travaux seront réalisés par des PME
  • 5% de la main d’œuvre sera confiée à des personnes en difficulté (« clause sociale »)
  • tous les bâtiments seront classés en ERP (Etablissement Recevant du Public)

L’organisation par le dialogue compétitif

Pour trouver les meilleures réponses à l’ensemble complexe de problèmes posés par le projet, il a fallu travailler selon un processus de « dialogue compétitif ». Les travaux ont donc été confiés à une équipe réunissant dans un même contrat les concepteurs (architectes, ingénieurs), les entreprises de travaux et les prestataires qui feront la maintenance pendant 30 ans. C’est la Société de Réalisation Immobilière et d’Aménagement (SRIA), filiale de l’Université de Bordeaux, qui pilote ce dispositif selon la formule du « dialogue compétitif ».

Découvrez l’équipe lauréate du dialogue compétitif.

L’aménagement des espaces extérieurs de l’université Bordeaux 1 sera conduit selon le processus mis en œuvre sur l’ensemble du campus.

La chronologie

–  février 2010 : la convention d’ingénierie entre l’État et l’Université de Bordeaux désigne l’Université de Bordeaux comme porteur de projet pour l’ensemble des établissements et formalise le dispositif de conduite du projet et des moyens financiers

–  avril 2010 : création de la filiale, Société de Réalisation Immobilière et d’Aménagement

décembre 2010 : lancement de la procédure de dialogue compétitif de la 1ère tranche « Sciences et technologie »

–  avril 2011 : choix des 3 candidats amenés à concourir : DV (groupe Bouygues), Eiffage et GTM (groupe Vinci)

–  juin 2011 : démarrage du dialogue compétitif

–  mai 2012 : fin du dialogue compétitif

–  juillet 2012 : choix du candidat retenu et démarrage de la phase de mise au point du contrat

–  12 novembre 2012 : signature du contrat